Si le rôle des forêts sur l’hydrosystème est reconnu, l’impact des différentes mesures sylvicoles reste peu quantifié et est rarement comparable entre types de peuplements, conditions stationnelles ou modes de gestion différenciés.
Pour passer d’une approche descriptive à une base robuste, les outils de modélisations hydrologiques permettent d’évaluer de manière cohérente, reproductible et transfrontalière l’effet des mesures forestières sur les inondations, le ruissellement, la recharge, l’érosion ou la résilience aux sécheresses.
Bien que des mesures de terrain restent indispensables pour documenter finement les processus hydrologiques in situ et valider les effets observés, leur mise en place nécessite des suivis de longue durée (même si des mesures à l'échelle de petits bassins versants avant/après des travaux permettront de marier modélisation et résultats expérimentaux qui sont parfois plus convaincants auprès des acteurs de terrain).
La modélisation constitue donc un complément méthodologique essentiel, permettant d’obtenir rapidement des résultats comparables dans la diversité de contextes de la Grande Région et d’orienter efficacement les futures expérimentations de terrain.
Les travaux récents de Guillaume et al. (2025)montrent que, dans un bassin versant forestier, les solutions fondées sur la nature – telles que la diversification des essences, la réduction de la compaction ou la restauration de zones humides – permettent de réduire les pics de crue d’environ 10 % grâce à une amélioration de l’infiltration et de la capacité de rétention des sols. Les simulations soulignent également une réduction significative du stress hydrique et une atténuation des déficits hydriques estivaux.
Ces premiers résultats mettent en évidence l’importance du contexte pédologique et bioclimatique. Leur transférabilité à l’ensemble de la Grande Région nécessitera des travaux supplémentaires afin d’adapter ces approches de modélisation aux variations stationnelles et forestières propres aux territoires de la Grande Région.
Enfin, il est essentiel que les acteurs des bassins versants et les scientifiques définissent ensemble les principales lacunes de connaissances pour orienter les recherches futures.